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       Alourdis de leurs armes les protagonistes sont là. Le duel pourra bientôt commencer. L'aube tend très lentement vers une faible lueur. Une brume paresseuse est encore pesamment étendue sur le lit de la terre. Sur la place, on entend croasser quelques corneilles de mauvaise augure. Un peu plus loin, la tour médiévale surveille la naissance d'un jour différent. L'ambiance est pesante. Il fait tiède et noir. Un vent vient soulever la terre jaune. Au nord du village, entre les dernières habitations et les champs, on entend hurler les loups.
  Le mur gris des grandes bâtisses prolonge son ombre, la mêlant à la nuit finissante. On devine des présences derrière certaines fenêtres, des formes inquiètes. Lesquelles auront le courage de sortir dans la ruelle et pourront supporter le spectacle horrible du combat à venir ? Ces fantômes restent à l'abri sous les voûtes des andrônes.

  Cela se passe à l'aube du jour de la Saint Michel. Et comme dans l'Apocalypse de Jean ou l'archange Michel livre un combat contre un dragon, on voit dans le ciel les nuages noirs dessiner Satan : - Puis, un second signe apparut au ciel: un énorme dragon rouge-feu à sept têtes et dix cornes, chaque tête surmontée d'un diadème. Sa queue balaie le tiers des étoiles du ciel et les précipite sur la terre, dit la Bible.

  Il est très tôt pour se battre, mais l'offensé à choisi volontairement cette heure, ainsi que l'arme qui lavera l'affront qui lui a été fait.
L'offensé c'est Lucien de Seyne, baron d'Andrieu. Il se penche vers son témoin et lui tend ses armes afin qu'il les fourbisse. Dans l'obscurité ils parcourent l'aire en prenant  le temps d'observer le sol inégal. Ils se consultent en chuchotant, paraissant chercher un avantage dans la configuration du terrain. Ils connaissent les lieux pour y avoir couru la gueuse et guerroyé contre le vandale.

   Le métal de leurs armes brille dans cette fin de nuit orageuse, on les entend s'entrechoquer, sans bien savoir ce qu'elles sont. En écho, on entend un cri d'enfant qui s'étrangle à l'approche du lourd pas de deux personnages au visage caché sous une coiffe imprécise.

   Gérhart de Soral, chevalier de Fontaine et son témoin, viennent de franchir le pont-levis de la petite citadelle.  

    Le chevalier avait dernièrement offensé le baron. Lui et son compagnon, le Gros Yvan, tout en roulant de grands yeux s'étaient esclaffés ensuite de la colère de Lucien de Hyères.
 
-Cet affront sera lavé dans le sang, furent les mots qui sortir de la bouche tordue du baron. Il était humilié. Grand-Fernand, son chambellan avait acquiescé, sans cacher son courroux.  
-Je suis mortifié, et par Dieu, je choisirai les armes et l'heure qu'il m'agréera pour vous faire rendre gorge à tous les deux !

Une tension palpable s'emparait des adversaires quand la foudre s'abattit sur la montagne de Linseuil.

-Si m'aïst Dieus ( Que Dieu me vienne en aide) murmura Gros Yvan.

Un coup de tonnerre monstrueux donna le signal de départ au terrible duel qui allait  se dérouler dans des conditions effroyables. On devinait le spectre de Saint Michel pesant les âmes des morts pour les sauver de l'enfer. Les armes en métal sortir de leur fourreau.


Il ne restait plus qu'à décider qui enverrait en premier le cochonnet.
Un duel à Rochebrune
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