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On voit de Rochebrune...

...à l’est, La Serre du Foin qui fait le dos rond et se soulève en biais comme une grosse bête éveillée sous la main chaude du soleil épais. Scellant le cirque large de l’Ennuye où s’accrochent à ses bords le Poët-Sigillat, Tarendol, Bellecombe, Saint-Sauveur et Bésignan. Villages accroupis aux marnes, se surveillant de loin par dessus les gris, les mauves et les bleus des rochers et des lavandes.  Au loin, plus loin, les collines s’épaulent pour regarder les Alpes-de-Haute-Provence, pour écouter le vent susurrer les mots et le bonheur du grand « Jean ». Le gras de ces mots se dépose en bout d’aile comme au bord d’une large ombre sur le bas du toit du ciel. Là où sont tombés quelques nuages blancs. Encore plus loin, à la source de l’Ouvèze, le Col de Perty s’ouvre une route vers le « Serpent d’Etoiles » du Grand Jean.
On voit de Rochebrune...
...au sud, Montlaud, Fournache et Linceuil s’alliant et se dressant en sentinelles au devant de la grandeur majestueuse et mystérieuse du Ventoux. Lui qui regarde déjà plus loin vers les plaines plus douces du Rhône, vers la langue large de terre plate et de vignobles qui léchera bientôt le front de la mer. Malgré la trouée du Col-d’Ey qui marie en un goulet arrondi, les pins de son adret et les chênes verts des Blaches, la route des gorges d’Ubrieux ou de Buis et le chemin de la chapelle Sainte-Anastase ou la haute et austère Sainte-Luce. A quelques plis de là, Propiac, Beauvoisin et Mérindol aux pieds de falaises brisées ou sur un éperon rocheux.
On voit de Rochebrune...
...au nord, Piervon, petit monticule annonçant le Rocher-de-Jeanne qui guette Arpavon, là-bas après une ride de l’Ennuye. Derrière, l’Eygues, baptisant les forêts domaniales, creuse un sillon profond et déchiré dans les roches dures et inhospitalières, sous les pieds de Saint-May. Malgré un éphémère embourgeoisement en large ruban par son mariage avec l’Oule. Saluant, hautaine, Villeperdrix écrasé par la montagne Angèle.
Montréal-les-Sources, à la diagonale de ce nord, encerclé par les bois du Coucou et le montagne du Poët, redresse le regard vers le col de Soubeyrand.
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On voit de Rochebrune...
...à l’ouest, Chante-Perdrix barrant Montaulieu et Curnier d’un trait haut et épais, escarpé à son ubac de roches vertigineuses. On peut marcher sur son échine, le sens de l’équilibre mis à rude épreuve sous le vent penché fouettant les habits détrempés par l’effort d’une escalade pénible. On voit alors, par les yeux de l’aigle, les deux versants. Et puis on imagine le grand ventre de la Drôme qui s’étale en collines rebondies ou déchiquetées, qui naît de l’Isère et qui s’épanouit en plusieurs bras de vallées étirées, vers Le Dauphiné. Pays de Bouvières, Condorcet et col de la Sausse.
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Retour vers le val de  l’Ennuye, retour vers Rochebrune, apparaissant en face, au centre des quatre points cardinaux, au milieu de ce voyage, à l’appoint de cette histoire.
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