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Randonnée à la Fournache

Autour du Linceuil, entre Ey et Fournache, comme si marchant sur place, c’est la montagne qui tournait, faisant défiler ses beauté. Les premières fleurs sauvages, violettes, primevères, déjà éveillées, observent la renaissance des chênes verts. Les vallons, au loin, habités et tranquilles, blocs de maisons confondus aux rochers.

Bergerie de la Résistance, trace ruinée d’anciens et glorieux combats. Même le Vaucluse passe, presque plat, sur mon carrousel : Le Crestet, Montmirail et Ventoux à la présence massive et constante.

Puis la voix d’un homme au fond de l’éboulis qui appelle ses chèvres. Et la route du Buis, pas celle asphaltée qui sinue dans le col, mais celle que prenait les femmes de Rochebrune pour aller vendre au marché leurs plantes et leur blé. Et un champ de lavande abandonné attendant que quelqu’un le repeigne.
Peintre ou coiffeur ? Enfin le promontoire enroché d’où j’aperçois deux oiseaux synthétiques qui peinent à s’envoler. Je repasse à mon point de départ. Le manège s’arrête et je dois reprendre un billet pour un second tour.
Le soleil est plus haut cette fois, les bassins de l’Ennuyé lui renvoient son image. Le village s’étend vers le nord pour chercher la fraîcheur des collines. Une branche le coupe en deux, frontière éphémère. Il suffit de bouger la tête pour modifier ses limites. Le col de la Fournache au dessous des arbres blancs et le sentier qui moutonne, étroit comme un serpent. En hiver, c’est là que la neige s’installe le plus longtemps (j’y ai laissé mes pas !)

Deux éperviers crient au passage du manège. Les chasseurs eux aussi ont laissé des traces, des images dans mon esprit, celles d’une rencontre avec les vagues d’une battue. Un os de brebis blanchi que le vent a lavé et relavé et un  pierrier épais et toujours en mouvement. Cliquetis des pierres roulantes.
Pentes et descentes, buis séché et crottes de chèvres (ces «Petit-Poucet» d’ici !)

A la fin une clairière de chênes verts où des cailloux dorment. Je ne reprendrai pas tout de suite un nouveau jeton pour un autre tour de manège... le temps d’écrire ceci...
1997